Mai 2026 concentre quatre jours fériés en moins de quatre semaines : le 1er mai (vendredi), le 8 mai (vendredi), l’Ascension le 14 mai (jeudi) et le lundi de Pentecôte le 25 mai (lundi). Le potentiel de ponts est réel, mais le nombre de jours de repos effectivement obtenus dépend moins du calendrier que du contrat de travail, de la convention collective applicable et des accords d’entreprise en vigueur.
Ponts de mai 2026 : jours fériés, jours de repos et jours à poser
Le tableau ci-dessous récapitule chaque jour férié de mai 2026, le type de pont envisageable et le nombre de jours de congé nécessaire pour en bénéficier.
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| Jour férié | Date et jour | Pont possible | Congés à poser | Jours de repos obtenus |
|---|---|---|---|---|
| Fête du travail | Vendredi 1er mai | Week-end de 3 jours (sam-dim inclus) | 0 | 3 |
| Victoire 1945 | Vendredi 8 mai | Week-end de 3 jours | 0 si chômé, 1 si non chômé | 3 |
| Ascension | Jeudi 14 mai | Pont du vendredi 15 mai | 1 | 4 |
| Pentecôte | Lundi 25 mai | Week-end prolongé | 0 si chômé | 3 |
En combinant les deux premiers vendredis et le pont de l’Ascension, un salarié peut théoriquement obtenir plusieurs séquences de repos longues avec très peu de jours posés. La colonne « congés à poser » varie selon que le jour férié est chômé ou non dans l’entreprise.

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Jour férié chômé ou travaillé : ce que prévoit le Code du travail
La distinction entre jour férié chômé et jour férié travaillé conditionne tout le reste. Seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé pour l’ensemble des salariés, sauf dans les établissements où l’activité ne peut être interrompue.
Pour les dix autres jours fériés légaux, dont le 8 mai, l’Ascension et la Pentecôte, le Code du travail ne prévoit aucune obligation générale de chômage. C’est la convention collective ou l’accord d’entreprise qui détermine si ces jours sont chômés.
Un salarié dont la convention collective prévoit le chômage des jours fériés bénéficie automatiquement des vendredis 1er et 8 mai sans poser de congé. En revanche, un salarié dont l’accord ne mentionne rien devra vérifier la pratique de son entreprise ou poser un jour de congé pour s’absenter le 8 mai.
Pentecôte et journée de solidarité
Le lundi de Pentecôte, le 25 mai 2026, reste un cas particulier. Depuis 2004, les modalités de la journée de solidarité sont fixées par convention ou accord d’entreprise. Dans de nombreuses structures, la journée de solidarité est adossée au lundi de Pentecôte, ce qui signifie qu’il est travaillé sans rémunération supplémentaire.
D’autres entreprises ont déplacé cette journée sur un autre jour de l’année ou la répartissent sur plusieurs jours. Le seul moyen de savoir si le 25 mai sera chômé est de consulter l’accord d’entreprise ou, à défaut, l’accord de branche.
Conventions collectives et ponts offerts : des écarts selon les branches
Le droit au pont ne figure pas dans le Code du travail. Il relève exclusivement de la négociation collective ou d’une décision unilatérale de l’employeur. Les écarts d’une branche à l’autre sont significatifs.
Dans certaines conventions collectives, notamment dans des secteurs comme la métallurgie, la chimie ou la propreté, des accords de branche révisés après 2022 prévoient explicitement des jours de pont offerts ou compensés lorsque le jour férié tombe un jeudi ou un mardi. L’Ascension du jeudi 14 mai 2026 active potentiellement ce type de clause.
À l’inverse, dans les branches sans disposition spécifique, l’employeur peut proposer le pont, l’imposer en déduisant un jour de congé payé du compteur du salarié, ou tout simplement maintenir l’activité le vendredi 15 mai. Le salarié n’a alors aucun droit automatique au pont.
- Vérifier la convention collective applicable (identifiée sur le bulletin de paie sous le code IDCC) pour repérer d’éventuelles clauses sur les ponts
- Consulter l’accord d’entreprise ou la note de service annuelle sur l’organisation des jours fériés
- Distinguer pont « offert » (jour chômé payé sans déduction de congé) et pont « imposé » (jour déduit du compteur de congés payés)
Forfait-jours et ponts de mai : un décompte différent pour les cadres autonomes
Les salariés en forfait-jours ne sont pas soumis au décompte horaire hebdomadaire. Leur contrat fixe un nombre annuel de jours travaillés. Cette différence change la mécanique des ponts.
Les accords de forfait-jours signés ou révisés après les décisions récentes de la Cour de cassation prévoient de plus en plus que les ponts sont imputés sur le compteur de jours de repos du salarié et non considérés comme des jours chômés payés supplémentaires. Même si l’entreprise ferme le vendredi 15 mai pour le pont de l’Ascension, le cadre au forfait-jours voit ce jour déduit de son quota de RTT ou de jours de repos.
La conséquence pratique : un cadre au forfait-jours qui « fait le pont » ne gagne pas un jour de repos, il en consomme un. Le bénéfice est identique en termes d’absence, mais le solde de jours restants diminue.

Télétravail et ponts de mai 2026 : une zone grise en expansion
Depuis la généralisation des accords télétravail entre 2020 et 2023, certaines entreprises encadrent spécifiquement les veilles et lendemains de jours fériés. Deux approches coexistent.
Certaines structures imposent le télétravail les jours encadrant un férié plutôt que de fermer les locaux. Le salarié travaille, mais depuis chez lui. Le pont n’existe pas au sens strict : la journée reste une journée travaillée.
D’autres entreprises interdisent le télétravail ces jours-là pour éviter ce qu’elles qualifient de « ponts déguisés », c’est-à-dire des journées en télétravail à productivité réduite. Le salarié doit alors être présent sur site ou poser un jour de congé.
- Relire l’accord ou la charte télétravail pour identifier d’éventuelles restrictions sur les jours encadrant un férié
- En l’absence de clause, le télétravail habituel reste en principe applicable, mais l’employeur peut modifier les jours télétravaillés avec un délai de prévenance raisonnable
- Les entreprises soumises à des contraintes de continuité de service (santé, transport, énergie) appliquent souvent des règles spécifiques avec permanences obligatoires sur les ponts
Le mois de mai 2026 offre un calendrier favorable aux week-ends prolongés, mais la réalité du pont dépend de trois documents : le contrat de travail, la convention collective et l’accord d’entreprise. Un salarié au forfait-jours, un employé couvert par une convention prévoyant des ponts offerts et un travailleur dont l’accord est muet sur le sujet n’auront pas du tout le même mois de mai.


