La recherche « elle a mit ou mis » revient chaque mois dans les moteurs de recherche francophones. Le doute porte sur une seule lettre, la consonne finale du participe passé du verbe mettre. Pourtant, la forme correcte est toujours « elle a mis », avec un -s. L’orthographe « mit » existe bien en français, mais elle correspond à un autre temps. Voici ce que la grammaire prescrit, et surtout comment distinguer ces deux formes sans hésiter.
Participe passé de mettre : tableau des terminaisons
La confusion entre « mis » et « mit » vient du fait que plusieurs participes passés du troisième groupe se terminent par des consonnes muettes différentes. Un tableau permet de visualiser les trois familles de terminaisons qui posent problème.
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| Terminaison du participe passé | Exemples de verbes | Forme au masculin | Forme au féminin |
|---|---|---|---|
| -is | mettre, prendre, apprendre | mis, pris, appris | mise, prise, apprise |
| -it | écrire, séduire, conduire | écrit, séduit, conduit | écrite, séduite, conduite |
| -i | dormir, servir, partir | dormi, servi, parti | dormie, servie, partie |
Le verbe mettre appartient à la première ligne. Son participe passé se termine par -is au masculin et -ise au féminin. Pas de -t final, jamais, quelle que soit la phrase.

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Astuce du féminin pour vérifier l’orthographe du participe passé
La méthode la plus fiable pour retrouver la consonne finale d’un participe passé masculin consiste à former le féminin correspondant. Si la consonne s’entend au féminin, elle est présente au masculin. Si c’est un -t qui apparait, le masculin se termine par -t. Si c’est un -s, le masculin se termine par -s.
- Mettre donne « mise » au féminin : on entend le -s, donc le masculin s’écrit « mis ».
- Écrire donne « écrite » au féminin : on entend le -t, donc le masculin s’écrit « écrit ».
- Dormir donne « dormie » au féminin : aucune consonne supplémentaire, donc le masculin s’écrit « dormi ».
Cette astuce fonctionne pour la quasi-totalité des verbes du troisième groupe. Elle rend la mémorisation inutile : le féminin révèle la lettre muette du masculin.
Application concrète à « elle a mis »
Prenons la phrase « elle a mis en place plusieurs ateliers ». Le participe passé « mis » est employé avec l’auxiliaire avoir. Le complément d’objet direct (« plusieurs ateliers ») est placé après le verbe. Aucun accord ne s’applique ici, le participe reste au masculin singulier.
Si le COD était placé avant, l’accord se ferait : « les mesures qu’elle a mises en place ». Le -s du participe est toujours là, il reçoit simplement la marque du féminin pluriel en plus.
Passé composé ou passé simple : la vraie source de confusion
L’orthographe « mit » n’est pas une invention. Elle existe, mais elle appartient au passé simple du verbe mettre : « elle mit son manteau et sortit ». Ce temps littéraire, très rare à l’oral et dans la correspondance courante, se conjugue sans auxiliaire.
La distinction est nette :
- Passé composé (langage courant) : elle a mis – deux mots, auxiliaire avoir + participe passé en -is.
- Passé simple (langage soutenu, récit) : elle mit – un seul mot, terminaison en -it, sans auxiliaire.
- Passé simple avec « il » : il mit – même forme, troisième personne du singulier uniquement.
Le test est donc mécanique. Si le verbe avoir (a, avait, aura, aurait) précède le mot, c’est un participe passé et la terminaison est -is. S’il n’y a pas d’auxiliaire et que le contexte relève du récit littéraire, c’est le passé simple en -it.
Pourquoi la faute persiste
L’erreur « elle a mit » ne relève pas d’un problème de logique mais d’un phénomène d’analogie. Le passé simple « elle mit » et le participe passé « elle a mis » désignent tous les deux une action passée. Le cerveau fusionne les deux formes, surtout quand le passé simple reste flou dans la mémoire grammaticale.
Les enseignants de français classent d’ailleurs cette confusion parmi les fautes les plus fréquentes liées au participe passé avec avoir, au même niveau que l’oubli d’accord avec le COD placé avant le verbe.

Accord du participe passé de mettre avec le COD
Une fois la terminaison -is acquise, la question suivante porte sur l’accord. Avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct, uniquement quand celui-ci est placé avant le verbe.
« La robe qu’elle a mise lui allait parfaitement. » Le COD « la robe » (féminin singulier) précède le participe. L’accord donne « mise ».
« Elle a mis ses chaussures. » Le COD « ses chaussures » est placé après. Pas d’accord, le participe reste « mis ».
Cette règle s’applique de la même façon à tous les verbes conjugués avec avoir. Elle n’a rien de spécifique au verbe mettre, mais c’est avec ce verbe que la combinaison des deux difficultés (terminaison + accord) produit le plus d’erreurs.
Cas du verbe pronominal « se mettre »
Avec la forme pronominale, l’analyse change. Dans « elle s’est mise à courir », le pronom « se » est COD (elle a mis elle-même à courir). Le participe s’accorde donc au féminin : mise. En revanche, dans « elle s’est mis des idées en tête », le pronom « se » est complément d’objet indirect (elle a mis des idées à elle-même). Le participe reste invariable quand le pronom est COI.
Le verbe mettre, qu’il soit employé au passé composé, à la forme pronominale ou dans une tournure passive, conserve toujours son -s au participe passé. La seule forme en -it est celle du passé simple, conjuguée sans auxiliaire. Garder en tête le test du féminin (« mise ») et vérifier la présence ou l’absence de l’auxiliaire suffit à trancher dans tous les cas de figure.


