Le participe passé de rejoindre est rejoint (féminin : rejointe, pluriel : rejoints, rejointes). La terminaison en -oint distingue nettement cette forme du présent de l’indicatif (je rejoins, tu rejoins), et c’est précisément cette proximité phonétique qui génère la majorité des erreurs en production écrite. Le Portail linguistique du Canada, via son outil ConjugArt, confirme la forme composée « ayant rejoint » et les déclinaisons genrées du participe.
Morphologie du participe passé de rejoindre et confusions fréquentes
Rejoindre appartient au groupe des verbes en -oindre (joindre, adjoindre, disjoindre, oindre, poindre). Tous partagent la même logique de formation du participe passé : le radical perd le -dr- et se termine en -oint. Joint, adjoint, disjoint, oint, point – la série est régulière à l’intérieur de cette famille.
A découvrir également : Les cinq accessoires incontournables pour votre gyropode
La confusion la plus répandue consiste à écrire *rejoint* avec un -s final au masculin singulier, par contamination du présent « je rejoins ». Nous observons aussi la graphie fautive *rejoind*, calquée sur l’infinitif. Ces deux erreurs relèvent du même mécanisme : le scripteur plaque la base de l’infinitif ou du présent sur le participe.
Un autre piège concerne la forme pronominale. Avec « se rejoindre », le participe passé s’accorde avec le sujet : elles se sont rejointes, ils se sont rejoints. L’accord se fait parce que le pronom réfléchi « se » est analysable comme COD antéposé. En revanche, si un COD est postposé, l’accord ne se fait pas – cas rare avec ce verbe, mais la règle reste active.
A lire également : Guide pratique pour préparer votre croisière en Méditerranée

Quiz : participe passé de rejoindre et verbes en -oindre
Testez votre maîtrise avec ces questions. Pour chaque phrase, identifiez la forme correcte avant de lire la réponse.
Question 1 : Elle a … l’équipe en début de saison.
A. rejoint B. rejointe C. rejoins D. rejoind
Réponse A. L’auxiliaire est « avoir ». Le COD « l’équipe » est placé après le participe passé, donc pas d’accord. On écrit « rejoint ».
Question 2 : Les deux routes se sont … au carrefour.
A. rejoint B. rejoints C. rejointes D. rejointe
Réponse C. Forme pronominale, sujet féminin pluriel « les deux routes ». Le pronom « se » fonctionne comme COD antéposé. Accord au féminin pluriel : rejointes.
Question 3 : L’équipe qu’il a … était en difficulté.
A. rejoint B. rejointe C. rejoints D. rejoins
Réponse B. Auxiliaire « avoir », mais le COD « qu’ » (mis pour « l’équipe », féminin singulier) est antéposé. Le participe s’accorde : rejointe.
Question 4 : Nous les avons … à la gare.
A. rejoint B. rejointe C. rejoints D. rejointes
La réponse dépend du référent de « les ». Si « les » désigne un groupe masculin ou mixte : rejoints (C). Si « les » désigne un groupe exclusivement féminin : rejointes (D). Sans contexte supplémentaire, C est la réponse par défaut.
Question 5 : Ils se sont … devant le cinéma.
A. rejoint B. rejoints C. rejointes D. rejoind
Réponse B. Forme pronominale, sujet masculin pluriel. Accord avec le sujet : rejoints.
Règles d’accord du participe passé avec rejoindre : synthèse opérationnelle
Trois cas de figure couvrent la quasi-totalité des situations rencontrées à l’écrit :
- Auxiliaire « avoir » sans COD antéposé : le participe reste invariable. « Elle a rejoint ses collègues. » Le COD « ses collègues » est après le verbe, pas d’accord.
- Auxiliaire « avoir » avec COD antéposé : accord en genre et en nombre avec le COD. « La personne qu’il a rejointe travaillait là-bas. » Le pronom relatif « qu’ » reprend « la personne » (féminin singulier).
- Forme pronominale « se rejoindre » : accord avec le sujet. « Elles se sont rejointes place de la République. » Le sujet est féminin pluriel, le participe suit.
La difficulté réelle ne porte pas sur la forme du participe (rejoint est stable), mais sur le déclenchement de l’accord. Nous recommandons de toujours identifier l’auxiliaire, puis de chercher le COD et sa position avant d’écrire la terminaison.

Erreurs récurrentes à l’écrit avec les verbes en -oindre
Rejoindre n’est pas un cas isolé. Les verbes en -oindre posent un problème systématique parce que leur conjugaison au présent (je rejoins, il rejoint) masque la logique du participe. Au présent, la troisième personne du singulier s’écrit déjà « rejoint », ce qui donne l’impression que participe passé et présent sont identiques. Ils le sont graphiquement, mais pas grammaticalement.
La vraie difficulté surgit au féminin. Beaucoup de scripteurs hésitent entre « rejointe » et « rejointée » (forme inexistante). La règle est simple : le féminin du participe se forme en ajoutant -e à la forme masculine. Rejoint → rejointe. Joint → jointe. Aucune exception dans cette famille.
Autre piège fréquent : le passé simple. « Il rejoignit » (avec -gn-) n’a rien à voir avec le participe « rejoint » (sans -gn-). Confondre les deux bases est une erreur courante dans les dictées et les épreuves de langue française.
Prolonger l’entraînement sur le participe passé
Le quiz ci-dessus couvre les cas fondamentaux, mais la maîtrise du participe passé de rejoindre passe par la répétition en contexte. Trois pistes concrètes :
- Réécrire chaque phrase du quiz en changeant le genre et le nombre du sujet ou du COD, puis vérifier l’accord obtenu.
- Construire des phrases avec les autres verbes en -oindre (joindre, adjoindre, disjoindre) pour automatiser le patron morphologique commun.
- Travailler spécifiquement la forme pronominale avec des sujets variés : « Nous nous sommes rejoints », « Elles se sont rejointes », « On s’est rejoint » (avec « on » singulier, pas d’accord au pluriel sauf usage stylistique).
Le cas de « on s’est rejoint » mérite une attention particulière. Quand « on » a valeur de « nous », l’accord au pluriel est toléré dans l’usage courant (« on s’est rejoints »), mais la grammaire normative maintient le singulier. À l’examen ou dans un écrit formel, nous recommandons le singulier.
Le participe passé de rejoindre ne pose pas de difficulté morphologique en soi. La forme « rejoint » est stable et prévisible dans sa famille verbale. Ce qui piège, c’est l’accord, et plus précisément l’identification du COD antéposé avec « avoir » ou le statut du pronom réfléchi avec « se rejoindre ». Les cinq questions du quiz ciblent exactement ces points de friction.


